L'Etat veut l'écologie et l'argent de l'écologie
Cet article paru dans le figaro et rapporté par l'ami Bernard Taillez. Ou l'on voit que l'empire de Total peut couler des jours tranquilles en continuant à polluer la planète. Ca n'est pas un vulgaire carburant vert qui va lui faire de l'ombre, la douane et Bercy veillent. A moins que Strauss-kahn n'intervienne. D'ici à ce que l'air comprimé utilisé dans les voitures de Gui Negre soit assimilé à un produit pétrolier, il n'y a qu'un pas. Pas insensé, vu le manque à gagner. On est bien d'accord, l'État suit certaines logiques. Même si c'est jusqu'à l'absurdité. Il nous appartient de faire pression pour que cette absurdité n'ait pas raison de notre existence même. Amicalement Franz
 
Le Figaro 18 juin 2001 Muriel Frat  ENVIRONNEMENT
 
Pour l'Etat, la TIPP doit s'appliquer au carburant écologique
 
L'huile de tournesol produit pétrolier ?
 
Du PS au RPR, en passant par les Verts ou DL, c'est à qui sera le plus écologiste. La France traque le dioxyde de soufre, vante les vertus des éoliennes, verse une larme sur le sort des espèces menacées et fait la chasse au gaspi. 
Paroles, paroles.
 
Car lorsque l'on veut passer à l'acte, on se heurte à une administration intraitable. Alain JUSTE, un chef d'entreprise du Lot-et-Garonne, est en train d'en faire l'amère expérience.  Aux prises avec Bercy depuis plusieurs années, ce patron écolo a créé une société un peu particulière : sa SARL, Valenergol, est une huilerie artisanale qui produit, à partir du tournesol, de l'huile végétale brute destinée, entre autres, aux moteurs de voitures.
 
Un carburant naturel, bon marché, qui pollue trois fois moins que l'essence ou le diesel. "Le procédé consiste à presser la graine de tournesol à froid, explique-t-il, l'accent chantant. Puis on récupère l'huile qui décante avant d'être filtrée et utilisée comme biocarburant dans les moteurs diesel. Les véhicules qui l'utilisent n'ont besoin que d'un simple réglage. Notre produit a déjà permis de parcourir 6 millions de kilomètres." Le prix du carburant miracle ? 4 francs le litre. Voilà où le bât blesse. Depuis 1998, Alain JUSTE est accusé par le ministère de l'Économie et des Finances de ne pas faire payer la Tipp (taxe intérieure sur les produits pétroliers), taxe perçue par l'État sur chaque litre de carburant. Face à son refus d'obtempérer, il se trouve aujourd'hui dans le collimateur de la justice : "Il y a un mois et demi, les inspecteurs généraux des douanes de Bordeaux, sur ordre de Paris, m'ont signifié que j'étais poursuivi pour vente de carburant sans collecte de Tipp, raconte notre dangereux hors-la-loi.
 
Je suis convoqué au tribunal d e police d'Agen le 20 septembre prochain car Bercy estime que j'aurais dû faire payer une Tipp de 4,30 francs par litre. La direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières me réclame 49 255 francs pour les années 1995, 1996 et 1997. Pourtant, l'huile que je commercialise n'est pas un produit pétrolier, minéral, mais un produit végétal. De plus, les biocarburants de sont pas soumis à la Tipp."
 
L'écolo-délinquant a reçu de multiples témoignages de soutien. Dans sa région et au-delà. Y compris celui de Jean Pierre SARTHOU, maître de conférences, enseignant chercheur à l'Ecole d'Agronomie de Toulouse, qui utilise l'huile de tournesol dans sa 205. 
"J'ai parcouru 5 000 kilomètres avec ce produit sans aucun problème, affirme-t-il. Le procédé a le mérire de coûter moins cher que l'essence traditionnelle et de ne pas aggraver l'effet de serre dont on parle tant en ce moment. C'est pourquoi nous avons du mal à comprendre la réaction des pouvoirs publics."
 
En France, on n'a pas de pétrole. On a des idées. Et on sait les taxer.